
PHOTONONSTOP / FREDERIC SOREAU / AFP
Les pyramides d’Égypte font régulièrement l’objet de théories diverses. On les a décrites comme l’œuvre d’extraterrestres, comme les sommets d’obélisques géants enfouis, ou encore comme d’antiques sources d’énergie. Et on va se le dire franchement, tu places 2,3 millions de blocs de pierre de 2,5 tonnes chacun, tu empiles ça sur 146 mètres de haut, tu alignes le tout sur le nord vrai avec une marge d’erreur d’à peine un degré… et ça, sans grue, sans roue et sans GPS.
La version officielle, elle, est pourtant claire : ce sont les Égyptiens qui les auraient érigées vers 2560 av. J.-C., non pas des esclaves mais des ouvriers qualifiés, pour servir de dernières demeures aux pharaons et leur assurer un passage paisible vers l’au-delà. Mais voilà des décennies que cette explication dérange, et que les théories se multiplient, notamment sur qui les a vraiment construites, comment, et même à quoi elles servaient réellement. Et si on ne nous avait pas tout dit ?
La théorie de la civilisation perdue

C’est l’idée défendue par des auteurs comme Graham Hancock, un argument repris dans la série Netflix Ancient Apocalypse. La théorie soutient qu’une civilisation avancée, remontant à la fin de l’ère glaciaire et aujourd’hui oubliée, aurait maîtrisé une technologie qu’on a depuis perdue, puis transmis son savoir à plusieurs peuples avant de disparaître dans un cataclysme. Selon cette théorie, les Égyptiens des pharaons n’auraient pas construit les pyramides mais en auraient hérité. L’argument séduit, car il expliquerait du même coup la précision des blocs et leur alignement extraordinaire. Les égyptologues, eux, n’y croient pas une seconde. N’empêche que l’idée d’un savoir oublié continue de faire rêver les foules.
Et la pyramide-centrale électrique, dans tout ça?
On monte d’un cran dans l’audace avec la théorie de la « centrale d’énergie ». Selon ses partisans, la Grande Pyramide n’aurait jamais été un tombeau. Ce serait plutôt une gigantesque machine à produire ou transmettre de l’électricité sans fil, un peu dans l’esprit des rêves de Nikola Tesla.
Les indices avancés ?
- Le quartz. Le granit des chambres en est riche. Ce minéral bien réel peut générer une petite charge électrique quand on le comprime. C’est l’effet piézoélectrique, le même qui fait fonctionner les montres à quartz et les allume-gaz.
- Les conduits. d’étroits conduits traversent la pyramide depuis la chambre du roi et celle de la reine. Certains pointent vers des étoiles précises comme Orion et d’autres s’arrêtent en plein cœur de la structure sans déboucher nulle part.
- La suie. On ne trouverait aucune trace de suie sur les plafonds, donc… les bâtisseurs s’éclairaient à quoi? À l’électricité antique, voyons.
Rien de tout ça n’est prouvé, évidemment. Comme bien des théories sur les pyramides d’Égypte, le quartz a beau être réel, mais sauter de là à une centrale électrique, c’est tout un saut.
Une ville cachée sous Gizeh?
En mars 2025, une nouvelle a relancé toutes les théories sur les pyramides d’Égypte. Une équipe de chercheurs italiens menée par Corrado Malanga affirmait, grâce à un radar satellite, avoir détecté une « ville souterraine » complète à 648 mètres sous la pyramide de Khéphren. L’annonce a immédiatement relancé toutes les théories. Sauf que l’égyptologue Valérie Angenot, de l’UQAM, a qualifié la découverte d’« invention pure »faute de preuve crédible. D’autant que Malanga est aussi connu pour son intérêt envers l’ufologie. Mais bon, rien de tout ça n’a jamais empêché une bonne histoire de devenir virale.
Du mystère au tourisme
Tout ce buzz nourrit un vrai « tourisme du mystère ». En 2025, l’Égypte a fracassé son record avec près de 19 millions de touristes soit une augmentation de 21 %, porté par l’ouverture du Grand Musée égyptien juste à côté de Gizeh. Le musée à lui seul attire des milliers de visiteurs par jour, à partir d’environ 30€ l’entrée pour les étrangers.

Sur des plateformes en ligne comme Booking.com et mondial tourisme, on vend des forfaits croisière intitulés « Secrets des pharaons », ou encore des visites guidées « sur les traces des civilisations perdues ». On peut voir que le marketing joue à fond la carte de l’énigme: comme quoi, plus une théorie est intrigante, plus elle se monétise. Finalement, le plus grand tour de magie des pyramides, c’est peut-être de continuer à fasciner 4 500 ans plus tard.

Envie d’aller plus loin ? Sortez vos pop-corn, car ce documentaire en 4K confronte les théories les plus populaires aux faits scientifiques, de quoi vous faire votre propre idée 🙂

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