
Un pigeon avec une caméra. Un corbeau infiltré en territoire soviétique. Un chat avec un micro chirurgical greffé dans l’oreille. Non, ce ne sont pas les idées d’un internaute en manque de sommeil, c’est la réalité des programmes secrets de la CIA durant la guerre froide. Alors quand Internet affirme aujourd’hui que les oiseaux sont des drones espions gouvernementaux, la vraie question n’est pas « sont-ils fous ? » mais plutôt : « ont-ils tort pour les bonnes raisons ? »
La CIA a bien recruté des pigeons, des faucons, des hiboux, des corbeaux et même des dauphins dans sa guerre contre l’Union soviétique. Les pigeons étaient équipés de dispositifs capables de prendre environ 50 photos par minute. Dans 30 % des cas, ils s’enfuyaient avec les équipements coûteux sans donner de nouvelles. Espionnage 1, fiabilité 0. La CIA a tout de même persévéré parce qu’un pigeon irresponsable reste plus discret qu’un satellite.
Source de l’image: https://pigeonsarentreal.co.uk/pigeons-arent-real-accueil/
Do Da, la star déchue du programme d’espionnage aviaire.
La star du programme s’appelait Do Da, un corbeau entraîné sur une île du sud de la Californie, décrit par un scientifique de la CIA comme capable de déterminer la bonne altitude, les bons vents, et d’éviter ses congénères. Sa mission ? Être introduit clandestinement en territoire soviétique, photographier des installations secrètes et rentrer tranquillement à la maison. Le 19 juin 1974, lors de son test le plus exigeant, Do Da a été attaqué par d’autres corbeaux et n’est jamais revenu. On imagine les scientifiques de la CIA remplissant un rapport intitulé : « Perte de l’agent Do Da. Cause probable : collègues jaloux. »
Quant au fameux projet Acoustic Kitty, un chat équipé d’un micro chirurgical implanté dans l’oreille, il a été abandonné après que l’animal ait obstinément refusé d’obéir aux ordres et ait préféré se promener à sa guise. Vingt millions de dollars dépensés pour se faire ignorer par un chat. Les chats espions, c’était vraiment trop ambitieux.
Peter McIndoe : comment une pancarte absurde est devenue un complot mondial.
En janvier 2017, à Memphis dans le Tennessee, en marge de l’investiture de Donald Trump, un étudiant de 23 ans du nom de Peter McIndoe assiste à une manifestation où partisans et opposants du nouveau président s’affrontent dans la rue. Pris d’une impulsion, McIndoe griffonne sur un carton la chose la plus absurde qui lui passe par la tête : « Birds Aren’t Real ». Les oiseaux ne sont pas réels. Une vidéo de lui harangant la foule « Les oiseaux sont un mythe, ils sont une illusion, réveillez-vous, Amérique ! » devient virale. Ce qui devait être une blague de dix minutes est devenu un phénomène mondial.
McIndoe a grandi dans une communauté homeschool très conservatrice en Arkansas, exposée à toutes sortes de théories du complot. Son mouvement repose sur une prémisse imparable : le gouvernement américain aurait tué tous les oiseaux dans les années 1970 et les aurait remplacés par des drones de surveillance. Les pigeons sur les fils électriques ? Ils rechargent leurs batteries. Les fientes sur votre pare-brise ? Un système de pistage GPS liquide ce qui, on l’admet, expliquerait beaucoup de choses. En 2022, McIndoe a finalement avoué au New York Times que tout était une blague, précisant que le projet était « une façon de tendre un miroir à l’Amérique de l’ère Internet ». Certains n’ont toujours pas voulu le croire. Ce qui, quelque part, prouve exactement son point.
Quand la blague génère de vraies ventes en ligne.
Les plateformes comme Instagram, YouTube et TikTok ont joué un rôle central dans la croissance du mouvement. Birds Aren’t Real y est partout : vidéos humoristiques, publications virales, comptes régionaux par État. McIndoe affirme même avoir des membres dans chaque État américain ce qui, pour une blague griffonnée sur un carton, est une performance marketing assez remarquable. Le mouvement a rapidement débordé des écrans pour envahir le monde réel. Des panneaux publicitaires géants ont surgi dans plusieurs États, des autocollants ont envahi les pare-chocs, et Birds Aren’t Real est même apparu à la mi-temps du championnat national de basketball universitaire. McIndoe et son ami Connor Gaydos vivent aujourd’hui à temps plein des revenus générés par la vente de chandails, casquettes et autocollants. Ce qui a commencé comme un carton griffonné dans une rue de Memphis est devenu un livre publié chez MacMillan et une conférence au TED. La morale de l’histoire ? Une idée originale, combinée à une forte présence sur les réseaux sociaux, peut rapidement se transformer en empire même quand c’est une blague.
source de l’image :https://www.newsweek.com/birds-arent-real-conspiracy-theory-parody-movement-internet-1573915

Sources: https://www.heidi.news/sciences/les-oiseaux-n-existent-pas-ou-la-fausse-theorie-du-complot

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